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Mai 68 : un moment signifiant d'une Histoire

Un retour aux origines de mon engagement
  
Par : Madeleine
  
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image-16 Pour moi  mai 68 fut une période fondatrice de mes engagements ultérieurs. Des convictions que je croyais isolées devenaient des certitudes partagées par un grand nombre de gens.
C'était curieux de voir que ce qu'on pensait être seul à vivre, imaginer, penser était partagé par de nombreuses personnes qui voulaient transformer radicalement une société vieillissante et peu respectueuse du changement. Cette période du 22 mars à fin juin 68 a radicalement modifié mon regard sur le monde.

Avoir 20 ans en 68 c'était extraordinaire d'énergie, de capacité d'analyse, d'action. On pensait, on vivait les réalités de manière globale, culturelle, sociétale et profondément politique. Rien ne pouvait être pareil après cette expérience. Je ne pouvais pas revenir à une vie étriquée et prévue comme s'il ne s'était rien passé. Les évènements de 68 ont largement brassé et créé d'autres repères. L'important était l'engagement, la fidélité à cet engagement et pas la réussite personnelle.

Le «tout est politique» devenait une manière de vivre. 68 a été le terreau de tous mes engagements futurs. Un moment fort partagé, l'assurance d'être en correspondance avec le monde, la certitude de la justesse des engagements et qu'on trouverait des formes d'intervention innovantes, égalitaires, correspondant à ce désir de politique et de changement. Il fallait agir, changer les choses, se donner des moyens d'action singuliers correspondant aux situations nouvelles.

Ce qui m'a particulièrement frappé c'est la liberté de parole et d'expression des gens dans les rues. Tout le monde se parlait. La prise de parole était naturelle. Le savoir universitaire n'était plus prédominant. On avait un sentiment puissant de liberté et de responsabilité. 68 c'est l'action au service du politique et la construction de nouvelles formes démocratiques où le parler vrai et le respect des positions de tous était important. On vivait vraiment la démocratie au quotidien. C'est une expérience singulière qui transforme en fond les individus et les pratiques. On s'était doté d'assemblées générales où tout le monde pouvait s'exprimer et où les décisions se prenaient après de nombreuses confrontations. C'est une manière différente de penser le monde et de vivre le politique.

Pour moi, 68 signe la fin des idéologies et des formes surannées de militantisme et la recherche de nouvelles organisations politiques. Il s'agit de respecter la singularité des individus mais dans une optique collective. Je me suis toujours appuyé sur l'expérience de cette période pour avancer et tenter de transformer les pratiques. Pour moi c'était une grande chance d'avoir 20 ans en 68 et d'être étudiante à Nanterre, d'être partie prenante dans ce qui se jouait alors autour du 22 mars, dans de nouvelles formes d'action appropriées aux évènements. J'ai beaucoup appris de cette période. Ce qui m'a profondément bougé au 22, c'est le respect de toutes les différences, la volonté de changement partagé par tous les participants et la recherche permanente de réponses adaptées aux situations.

C'est l'impression d'avoir prise sur l'histoire et de se sentir faire partie d'un collectif en marche, une hiérarchisation différente des choses importantes. C'est la certitude qu'il faut agir ici et maintenant pour changer les choses de manière radicale et ne pas attendre des grands soirs.

Madeleine HERSENT
Paris 20/01/2013

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